Jeunes libanais, Yalla !
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CHIRINNE
26 ans, journaliste et productrice d’une émission
sur la chaîne Sahar TV

Qu’est-ce que tu aimes au Liban ?
On ne peut que tomber sous le charme de ses paysages et de sa diversité. Ce que j’aime avant tout
au pays du Cèdre, c’est paradoxalement sa force et sa détermination. Je dis paradoxalement car au niveau économique mais également sur l’échiquier politique, le Liban est considéré comme un faible pays. Mais lorsque l’on découvre vraiment son histoire, ses souffrances, ses guerres, on ne peut que s’étonner
de voir ce pays encore « debout ».
Cette force malgré toutes les douleurs s’incarne dans la résistance, dans toute ses formes (armée, peuple, etc.),
contre l’occupant israélien au sud du pays, contre l’oppression et les injustices. Malgré toutes les guerres et une conjoncture économique alarmante, les gens ne désespèrent pas et croient toujours en un avenir meilleur.


Qu’est-ce que tu détestes au Liban ?
Je déteste avant tout son système politique confessionnel qui aurait dû disparaître depuis déjà très longtemps.
Je déteste ces politiciens qui n’ont fait qu’accroitre les tensions communautaires au lieu de les apaiser. Je déteste voir encore des musulmans qui ont peur de se rendre dans des quartiers à majorité chrétienne ou des chrétiens qui ont toujours peur de se rendre dans des quartiers à majorité musulmane. C’est tout simplement honteux et ignorant !
Je déteste également voir un Liban gangrené par la corruption, par le racisme, les discriminations (basées sur la religion,
le physique, l’apparence, le statut social, l’âge et le sexe…) et les injustices notamment envers les femmes et les travailleurs immigrés. Je déteste voir un Liban qui oriente toute son économie vers le tourisme, l’investissement étranger et qui observe passivement la fuite de ses jeunes cerveaux !


Es-tu active dans une association ou un mouvement ?
Non je ne suis pas active dans une association ou un mouvement. J’ai déjà fait du bénévolat au Children’s Cancer Center.
Je n’aime pas vraiment m’investir car malheureusement tout se politise au Liban. Je souhaiterais m’investir dans une association neutre pour lutter contre toutes les formes de discriminations notamment envers les femmes.


Comment vois-tu l’avenir de ton pays ?
Malheureusement, je suis plutôt pessimiste quant à l’avenir du Liban !  Je pense que le Liban a tous les atouts qu’il faut pour se développer mais toutes ses ressources (naturelles et humaines) sont très mal utilisées ou gérées. Tant qu’on ne changera pas notre système politique mais également économique, le Liban ne pourra pas avancer.


Si tu devais quitter le Liban, où voudrais-tu vivre ?
Les raisons qui peuvent me pousser à quitter ce pays sont celles de tous les jeunes Libanais : la situation économique du pays, le manque d’opportunités sur le marché du travail, l’instabilité politique… Mon premier choix irait vers Istanbul. Je suis tombée sous le charme de cette ville magique et de son peuple très accueillant. Mon deuxième choix se porte vers Paris, ma ville de naissance où j’ai vécu toute mon enfance.


Un rêve ?
Un Liban fort, résistant, loin des diatribes confessionnelles, cela me parait bien un rêve. Je rêve d’un monde où l’on ne meurt pas de faim ou de froid. Je rêve d’un monde où l’on combattra davantage les injustices commises envers de nombreux peuples dans le monde. D’un monde où l’on mettra fin à la machine folle du capitalisme. Tout cela me parait malheureusement bien un songe !




Le Liban que j’aime
Article ici.
C’est un article intitulé : «  Old Beirut », un voyage en images et dans le temps ».
L’auteur nous informe sur la destruction du patrimoine à Beyrouth.
Je cite : « A Beyrouth, notamment, les vieilles maisons libanaises sont détruites pour faire de la place
aux grandes tours modernes censées représenter l’avenir de la capitale. »


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